Perrine Valli
04/05/2012 et 05/05/2012
MC93,
Bobigny
Fidèles à Perrine Valli, nous ne saurions manquer sa nouvelle création, présentée dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis. Annoncée, par rapport à ses travaux récents, comme un retour à quelque chose de plus conceptuel et de moins en prise avec des questions sociétales, Si dans cette chambre un ami attend… voit également la jeune femme opérer en solo, après plusieurs propositions en duo ou trio. La chambre du titre, tiré d’un vers d’Emily Dickinson, constitue donc le lieu central de la chorégraphique qui, précisément, fait montre d’une vision classique de cette pièce comme un espace mental dans lequel chacun peut projeter ce qu’il y souhaite, au gré de son propre imaginaire. Sous cet aspect, l’utilisation du drap noir qui jonche le sol permet de figurer aussi bien des vagues et remous quand il est agité par un assistant, qu’une forme de marée noire qui finit par engloutir la jeune femme.
Désireuse d’universaliser son propos, cette dernière se mime, au début, en train de regarder un film, assise sur une forme rectangulaire, la main en forme de « C » comme pour accueillir une tasse de thé. Ces gestes du quotidien sont ensuite évidemment répétés dans une démarche attendue dans laquelle on va retrouver ces postures qui signent en quelque sorte les spectacles de Perrine Valli : bras cassé, doigts joints et paumes tendues, avant-bras qui se croisent rapidement telles les aiguilles d’une horloge déréglée. Accompagnée par une musique instrumentale, type ambient sombre, la Franco-Suissesse va passer de la position debout à celle couchée, allant et venant sur la largeur du plateau, symbolisant ainsi toutes ces possibilités offertes par une chambre.
Pour représenter l’enfilade des jours, le noir se fait régulièrement (toutes les deux minutes, à peine), rendant peut-être difficile la préhension du spectacle qui, sur la fin, fait (enfin) le choix de travailler dans la longueur avec une séquence où Perrine Valli va opérer de manière nettement plus physique, nous laissant notamment voir son grand dorsal, ses trapèzes, infra-épineux et autres muscles dorsaux particulièrement mis à contribution. La tête cachée dans son T-Shirt, ses cheveux longs rabattus sur son visage, elle s’apparente alors à ces monstres qui peuplent les imaginaires enfantins et le dessous de leurs lits.
Autres dates :
– 2 et 3 février 2013 : ADN - Neuchâtel
– 9 février 2013 : JDCS - Bâle
– 23 et 24 février 2013 : Ferme du Buisson - Noisiel
– 25 et 26 mai 2013 : Théâtre d’Arras
– 5 et 6 juin 2013 : Centre culturel suisse - Paris
le 09/05/2012