27/09/2003
Gaîté Lyrique,
Paris
Nous avions raté la performance de Goth-Trad au Batofar lors du festival Batofar cherche Tokyo, et nous voici donc à la Gaîté Lyrique pour la clôture de cette troisième session Open Source dont l’association In Famous avait la charge. Goth-Trad explore divers terrain musicaux, entre la techno et la musique contemporaine en passant par le hip-hop et la noise comme ce fut le cas ce soir.
La première surprise réside dans la durée du concert : plus de 50mn, soit un long format plutôt rare dans ce genre musical. Mais l’intensité de la musique de Goth-Trad ne cesse de changer, alternant passages noise et d’autres plus calmes, juste inquiétants par les sonorités utilisées.
Une table recouverte de machines derrière laquelle le jeune japonais reste serein, concentré. Il commence par un lourd vrombissement sur lequel il pose quelques crissements et autres bruits agressifs, tandis qu’une petite note régulière crée un sentiment d’oppression, une certaine tension qui ne cesse de monter, pour enchaîner sur un vrombissement plus grave et grésillant, appuyé par des basses régulières flirtant avec la techno pour une séquence se rapprochant d’une musique industrielle et dansante.
La suite sera plus calme, composée de sons épars, comme des coups qui résonnent, donnés sur une grille métallique, un portail, de jolis et lointains froissements de tôle et des souffles enveloppants qui prennent de l’ampleur petit à petit pour finir par tout écraser. A ce moment, Goth-Trad se muni d’un masque à gaz transformé dans lequel il semble crier. Un son, une voix métallique en sort telle un barrissement qui mènerait un duel contre de magnifiques souffles hantés. Ceux-ci gagnent le combat et construisent un superbe final ambient.
La dernière partie sera énergique, façon battucada métallique au sein de laquelle s’immiscent quelques bleeps, boucles et cassures rythmiques, soit un grand délire servant de bouquet final.
Globalement un bon concert, des morceaux bien construits, toujours en évolutions. On regrettera juste une deuxième partie un peu longue, peut-être du à quelques hésitations ou un passage à vide en début de morceau, et un concert un peu long qui lassera une partie du public.
le 29/09/2003