du 04/04/2012 au 08/09/2012
Centre Culturel Canadien,
Paris
Chargés de diffuser la culture de leur pays dans d’autres contrées, les centres culturels constituent le lieu idéal pour présenter une monographie d’un plasticien n’ayant jamais encore exposé en dehors de sa patrie. Cette fois-ci, c’est la Québécoise Manon De Pauw qui a les honneurs de l’institution canadienne pour un ensemble mêlant photographies et vidéos dans une approche marquée par un travail certain sur la lumière et ses effets.
Ainsi la jeune femme peut-elle, au gré des épreuves, jouer sur le flou et le net, accentuer ou diminuer l’exposition lumineuse, travailler sur le sombre et le clair, mettre en place un halo derrière son sujet ou, à l’inverse, ne figurer que l’ombre portée de celui-ci. De petit format, souvent très graphiques, parfois colorées (la superposition de plaques de L’Apprentie 3), les photographies de la Canadienne savent également aller chercher dans la technique même de prise de vue une dimension artistique. La série Épreuves, par exemple, a été réalisée grâce à la seule action de la lumière de l’agrandisseur sur la surface sensible d’un papier argentique. Pour parvenir à cette conclusion, on ne sera pas surpris d’apprendre que le travail en atelier et en chambre noire se montre primordial chez Manon De Pauw.
Si ses différentes vidéos, sortes de captations de mini-performances, s’avèrent moins pertinentes car répétitives et peu singulières (écrire au tableau noir, monter sur une échelle), la mise en jeu de son propre corps peut engendre des résultats plus probants quand, allongée sur une surface noire, elle trace au sol un cercle blanc (série Replis et Articulations). Plus sophistiquée, Répertoire s’avance telle une sculpture vidéo avec six écrans, six lecteurs DVD et six projecteurs, chacun livrant une image différente, dans un mouvement centrifuge où ce qui est projeté se révèle être aussi essentiel que les rais de lumière et faisceaux qui résultent de cette projection même.
le 29/08/2012