Marta Soares
13/10/2012 et 14/10/2012
Le 104,
Paris
Si la désignation d’ « installation chorégraphique » proposée par le programme de salle peut sembler un peu pompeuse a priori, il est vrai qu’elle correspond plutôt bien à la proposition de Marta Soares. Allongée sur une grande table et recouverte de sable, la Brésilienne n’en bougera pas mais son corps sera progressivement dévoilé, à mesure qu’un large ventilateur soufflera le sable. En écho à cette divulgation, des vidéos sont projetées sur deux grands écrans : un rien tautologiques, celles-ci sont concentrées sur des vestiges préhistoriques indigènes balayés par le vent. Autre composante du dispositif, plus intéressante, la bande-son mêle captations du vent et du souffle de la nature avec quelques crépitements et autres samples pour un résultat à la fois enveloppant et inquiétant. Même réussite pour le jeu sur la lumière, les éclairages conduisant le sable à prendre des teintes tantôt blanches, tantôt mordorées ou jaune vif.
Placée au centre de la salle, la table sur laquelle se tient Marta Soares peut donc être contournée par les spectateurs qui font le choix de rester debout ou de s’asseoir, de ne pas changer de place ou de faire le tour de l’espace, renforçant la dimension « installation » du projet. La révélation progressive et inexorable du corps de la chorégraphe joue évidemment sur la poésie et une forme de délicate surprise (on ne sait jamais quel morceau de corps va apparaître en premier, le ventilateur restant maître du jeu) bien que le tout soit terriblement statique. Ceci dit, cette lenteur renvoie bien au mécanisme des fouilles que les archéologues ne dévoilent qu’avec énormément de patience comme si ces « vestiges » se méritaient, en quelque sorte.
le 19/10/2012