du 12/10/2012 au 17/11/2012
Fondation d’entreprise Ricard,
Paris
Bertille Bak / David Douard / Émilie Pitoiset / Fondation d’entreprise Ricard / Katinka Bock / Louise Hervé et Chloé Maillet / Mathieu Klebeye Abonnenc
Déjà l’an passé, avec l’exposition curatée par Éric Troncy, le Prix Fondation d’entreprise Ricard avait été resserré à six artistes (ou duos d’artistes) ; même périmètre cette année pour la proposition menée par Elena Filipovic, personnalité qu’on connaît pour son travail au Wiels bruxellois. Précisément, on attendait de son positionnement un peu extérieur un regard autre sur la jeune scène française que représente chaque année la sélection pour cette récompense. En réalité, on retrouve des noms déjà connus de ces pages et une légère déception au sortir de l’exposition.
De fait, Mathieu Klebeye Abonnenc n’offre au spectateur que trois barres de cuivre, appuyées contre le mur de la Fondation, le reste de son travail consistant en la projection de films est-allemands revenant sur les conflits de l’année 1964 au Congo dans un espace hors les murs. Dans la seconde salle, David Douard (vu au Salon de Montrouge en 2011) livre une installation extrêmement chargée (plâtre, sacs en plastique, écran de télévision) à la limite de la boursouflure tandis que le duo Louise Hervé et Chloé Maillet se fait principalement décoratif, bien que fantastique, avec ce montage de films liés aux décors et papiers peints.
Restent donc trois artistes, féminines par le plus grand des hasards, et appréciées ici par le passé. En premier lieu, Émilie Pitoiset développe une démarche intéressante, quoiqu’un peu nostalgico-datée, autour de Giselle, figure du ballet classique à qui elle consacre un petit film, des photographies sur lesquelles elle a tracé des lignes de fuite au feutre et, surtout, un grand rideau en peau d’agneau faisant à la fois office de rideau de scène et de paravent. Ensuite, Katinka Bock combine, comme régulièrement, des éléments proches du rebut industriel (grillage, câble, brique, ampoule) pour réaliser des sculptures néanmoins moins convaincantes que ce qu’on connaissait d’elle jusqu’à présent, mais qui lui permirent quand même de remporter le Prix cette année. Par conséquent, c’est Bertille Bak qui nous fit la meilleure impression avec son film, décalé et pertinent, attaché aux habitants d’un quartier de Bangkok, révoltés contre le projet de démolition de leur immeuble. Plutôt qu’une manifestation ou autre action bruyante, ces Thaïlandais ont fait le choix d’interpréter une chanson révolutionnaire en morse et à la lampe torche. Filmant l’immeuble, Bertille Bak nous fait donc juste entendre le cliquetis des torches s’allumant et s’éteignant pendant que le regard du spectateur court d’un coin à l’autre de l’écran, cherchant la lampe allumée et essayant d’identifier la note ainsi « jouée ».
le 04/11/2012