Julia Cima
du 28/11/2012 au 30/11/2012
Centre National de la Danse,
Pantin
Initialement prévue pour être conçue avec le scénographe de Claude Régy, la chorégraphie de Julia Cima a du être en bonne partie revue quand celui-ci n’a finalement pas été de la partie. L’idée de départ est néanmoins restée : jouer sur la polysémie de « Rings », à la fois évocateur de combats et d’union via l’anneau d’alliance. Après une présentation des quatre interprètes dans laquelle chacun s’adonne à une forme de « fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis », trois duos sont ainsi proposés. Dans chaque tableau, la chorégraphe est présente, affrontant successivement Vartan Kech, Dalila Khatir et Aurélien Richard.
Avec le premier, il s’agit bien d’un affrontement, mais avec les sept objets accrochés aux cintres, tenus par des perches en fer et se balançant au milieu du plateau. Objets du rebut (caisse en bois, bloc métallique, grosse lampe d’usine…), ils sont mis en mouvement par le jeune homme tandis que Julia Cima effectue des gestes saccadés (jambe tournoyant en arrière, accroupissement). Parfois, les corps se croisent furtivement mais les objets oscillant maintiennent une distance certaine. Avec Dalila Khatir, le propos s’oriente vers la fusion puisque les deux jeunes femmes vont faire corps, unissant leurs anatomies, entremêlant bras et jambes jusqu’à ne plus figurer qu’une seule personne.
Enfin, suivant une alternance un peu mécanique, le troisième duo voit Julia Cima et Aurélien Richard s’opposer : le second se munissant de son clavier-séquenceur, installé en bandoulière alors que jusqu’à présent, il s’occupait, côté jardin, des nappes et autres apports électroniques. Plaquant notes et accords sur son instrument configuré pour sonner comme une guitare métal, toute enrobée de distorsion, Aurélien Richard parcoure le plateau pendant que Julia Cima lâche dans un micro-casque onomatopées et babillages et sillonne également l’espace scénique dans des déplacements rapides, similaires à ceux de boxeurs se jaugeant. À l’image de tout le spectacle, la métaphore sur l’incommunicabilité et la distance entre les êtres se fait alors un peu trop lourde.
le 04/12/2012