14/12/2003
Planétarium,
Cité des Sciences, Paris
Dernier concert de la saison au planétarium de la Cité des Sciences, avec comme il y a 15 jours Luc Ferrari, accompagné aujourd’hui d’ErikM. Si l’on se demandait ce que pouvait bien donner cette précédente collaboration avec Scanner, on imaginait ici un concert plus expérimental de part quelques similitudes dans l’univers musical des deux compositeurs.
Tout commence calmement, à la manière d’une berceuse composée de lointains tintements de cloches dont la résonance construit une sorte de douce nappe aérienne. On se laisse donc porter par celle-ci, jusqu’à ce que cette sérénité soit perturbée par des chuintements extrêmement forts, mis en boucle de façon saccadée, et des coups de feu au loin. Débute alors un passage plus expérimental, plus bruitiste, mélangeant sons concrets et bruitages électroniques. On imagine une sorte de battue en pleine forêt avec R2D2 à nos côtés, tandis que la nappe sonore initiale reste présente, loin derrière. Un peu plus tard on croit entendre une tribu chantant, ou plutôt récitant des mantras, apportant ainsi une dimension mystique et indiquant un retour au calme. Petit break effectivement, avec cordes discrètes, tintements aquatiques et toujours quelques voix étranges.
On abordera ensuite la partie principale de ce concert, laissant une large places aux bruits divers, à commencer par des grincements créés par une trompette ou autres cuivres, et quelques cliquetis électroniques épars. Les éléments apparaissent et repartent dans l’indifférence générale, apportant leur contribution sonore sans véritable cohésion avec les sources sonores déjà en oeuvre, et pendant 20 minutes on assistera à un magma sonique avec samples orchestraux tronqués, éléments rythmiques syncopés, et mélange de chuintements, ronronnements et coups secs. On décrochera à ce moment en se disant que l’improvisation à deux n’est pas quelque chose qui s’improvise.
Cette impression mitigée se confirmera quand, au bout de 45 minutes, ce déluge sonore sera brutalement interrompu pour retrouver la séquence ambient qui ouvrait le concert. Un changement de ton radical et surprenant, comme si le temps avait été écoulé et qu’il fallait alors aborder la conclusion. On finira donc ainsi, en apesanteur pendant 10 minutes, avant que les lumières ne se rallument.
le 24/12/2003