du 07/09/2013 au 20/10/2013
Maison d’art Bernard Anthonioz,
Nogent-sur-Marne
Protocole récurrent chez les créateurs contemporains, la combinaison de deux matériaux ou objets a priori dissemblables pour en créer un troisième trouve une nouvelle déclinaison avec la monographie de Lina Viste Grønli. Dès le titre de l’exposition de la Maison d’Art Bernard Anthonioz de Nogent-sur-Marne, le projet est annoncé, avec ce mot-valise forgé à partir de « thing » et « thinking » (mais renvoyant également, nous renseigne le programme de salle, à un écrit de Martin Heidegger). Comme souvent avec ce type de procédé, les résultats sont assez inégaux, pouvant produire de vraies rencontres, signifiantes et décalées, comme des compositions plus plaquées et factices.
Dans la première catégorie, l’alliance d’emballages de dentifrice et d’une photo de colonne antique parvient à introduire un effet miroir à travers les siècles (Columns) tandis que la réalisation en cuivre de formes proches de l’origami, ornées de stickers et magnets tirés de la culture populaire (personnages des Barbapapa ou de Disney, symboles de la France comme le camembert, la Tour Eiffel ou le béret), joue sur plusieurs niveaux de connaissance et de pratique artistique. Plus encore, l’assemblage de briques et de livres, scellés par du mortier, se fait ironique et mordant, notamment quand la Norvégienne place entre deux briques un exemplaire du Mur de Jean-Paul Sartre, habile tautologie littéraire.
En revanche, quelques synthèses nous convainquirent moins, principalement la salle située à l’étage, avec ses cintres inversés placés en haut de tiges métalliques et sur lesquels des vêtements pendaient nonchalamment. Pompeusement dénommée Phenomenological Reduction, cette série peine à produire quelque chose de plus pertinent qu’un énième avatar post-duchampien. Mieux vaut alors retourner au rez-de-chaussée et parcourir à nouveau les quatre premiers espaces.
le 18/09/2013