Leslie Kaplan
Frédérique Loliée et Élise Vigier
du 28/11/2013 au 15/12/2013
Théâtre Gérard-Philipe,
Saint-Denis
Après deux premières créations que nous n’avions pas vues, Leslie Kaplan a entrepris d’écrire une troisième pièce pour Frédérique Loliée et Élise Vigier, amies comédiennes qui se chargent également de la mise en scène de Déplace le Ciel. Suite d’échanges entre deux amies, la dramaturgie se veut une forme de déversoir à mots, capable de recueillir, en son creuset, quelque chose qui traduirait le contemporain et les éternelles questions liées à l’amour, la solitude ou le rapport au monde.
Pour autant, on se trouve plutôt en face d’un verbiage creux et plat, sans même l’aspect vertigineux que peut prendre la logorrhée quand elle est maîtrisée ou triturée de manière drolatique par d’autres auteurs. Ici, il ne s’agit que de discussions entre quadras qui relèvent de l’échange entre colocataires, du dialogue autour d’un café ou des conseils de vie transmis à travers le rideau d’une cabine d’essayage (on serait tenté de reproduire quelques répliques mais ce serait cruel… et malhonnête car le texte s’appréhende dans son intégral déroulé). Le jeu des comédiennes hésite, pour sa part, entre gouaille et naturalisme, sans jamais dépasser le premier degré pour atteindre le niveau, qui aurait pu être envisageable, du pastiche de sitcom.
Lorsque les interprètes se couchent à même le sol vient le moment des rêves, passages les plus réussis du spectacle, servis par une belle intégration de la vidéo (les corps préalablement filmés des deux femmes s’animent sur les panneaux du décor, quittent les corps allongés et prennent vie à leur tour) et installant une période de répit salutaire. Malheureusement, pour assister à ces saynètes, il faut en passer par d’autres morceaux nettement moins pertinents même si on imagine qu’une prise en compte complète de la trilogie (Duetto-Toute ma vie j’ai été une femme, Louise, elle est folle et ce spectacle-ci) permettrait peut-être de relativiser ce jugement.
le 07/12/2013