du 30/01/2014 au 22/03/2014
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Avec son titre assez étrange et sa large installation occupant tout l’espace de la salle principale de la Galerie Édouard-Manet, l’exposition de Pauline Curnier Jardin avait de quoi intriguer ; d’autant plus que le programme de salle nous annonce une proposition mise sous le patronage de Demeter, déesse romaine des moissons et de la fécondité. Un aspect mythologique décalé est ainsi de mise puisqu’une vidéo s’intéresse à deux jeunes filles gambadant dans un champ tandis que la voix off de Demeter se fait entendre et qu’elle nous narre la progressive ingurgitation des jeunes filles par cette dernière. En vérité, le spectateur est à la fois la déesse, la vidéo étant projetée à travers les yeux de celle-ci, et à la fois les deux héroïnes du film, la scénographie de l’installation nous plaçant dans le ventre de la divinité, avec ses drapés noirs enveloppants.
Alors que les intervenantes digressent sur les habitudes des jeunes de nos jours (soirées, alcool), la terre, par l’entremise de Demeter, entreprend donc de se venger comme si les jeunes femmes avaient abusé de ses bienfaits (melons du champ piétinés, boissons alcoolisées trop consommées…). Afin de continuer dans la veine loufoque de cette fable, elles finiront englouties par la déesse, et le foie transformé en meringue. Pour le reste, l’exposition dévoile peintures et sculpture, peut-être un peu trop chargées dans leur réalisation (le kitsch n’est jamais loin), à la manière des meringues, toujours à la limite d’être trop fournies en sucre.
le 27/03/2014