du 17/01/2014 au 23/03/2014
Crédac,
Ivry-sur-Seine
Afin de découvrir les multiples facettes des travaux de Friedrich Kunath, le Crédac proposait de consacrer chacune de ses trois salles d’exposition à une thématique : voyage, ménagerie et couchers de soleil. Si cet assemblage peut sembler assez hétéroclite de prime abord, il ressort de la visite une réelle sensation humoristique qui contrebalance les quelques faiblesses de certaines propositions (principalement les peintures, collages un peu balourds d’éléments traditionnels et d’inspirations BD ou issues de la publicité) ou la difficulté d’appréhension de la trajectoire du plasticien allemand installé à Los Angeles.
Assurément, des trois espaces, celui dédié au voyage est le plus intéressant, parce qu’il tire, comme presque tous les créateurs appelés à exposer au Crédac, admirablement profit des conditions de monstration. Ainsi une installation à base de valises qui s’envolent progressivement laisse imaginer que les œuvres vont s’échapper par les grandes baies vitrées du bâtiment, rêvant d’un ailleurs que la vue sur la cité du Val-de-Marne offre. De même, les mocassins géants (Honey I’m Home (Egg)) font appel à cette envie d’évasion tandis que la bottine en cuir surdimensionnée abrite une petite maison et renvoie également au panorama visible à l’extérieur. Dans un registre plus burlesque, la vidéo About soufflé voit un même personnage changer d’univers géographique à chaque changement de plan, sautant d’une ville à l’autre, alors qu’un film, davantage poétique, met en scène un bonhomme de neige errant dans un désert, une valise à la main, lui aussi habité par un désir voyageur (If I Were Tree Among Trees (Si j’étais arbre parmi les arbres)).
En comparaison de cette première salle, les deux suivantes s’avèrent moins probantes : certes l’otarie tenant en équilibre un polyèdre hommage à une sculpture de Dürer poursuit-elle la démarche poétique de Kunath pendant que deux petites loutres de mer aux pieds humains s’inscrivent dans le décalage ressenti précédemment (What A Difference It Makes When It Doesn’t Make Any Difference Anymore). Mais, pour le reste, les photographies juxtaposées de couchers de soleil ne dépassent pas véritablement leur horizon kitsch et les autres œuvres (peintures, reproduction d’un intérieur, film) font appel à trop de références pour pouvoir être prises en compte directement et sans filtre.
le 31/03/2014