Christèle Tual
Ludovic Lagarde et Lionel Spycher
du 12/05/2014 au 24/05/2014
Théâtre Ouvert,
Paris
Pour son premier spectacle, Christèle Tual n’a pas forcément fait dans la facilité puisqu’il s’agit du premier texte écrit par cette comédienne, seule en scène pour interpréter sa propre création, monologue d’une grosse heure autour d’un sujet ouvertement autobiographique : la remontée à la surface d’une femme à la suite d’une douloureuse rupture amoureuse. Dans un espace clos, entre vestiaire collectif de piscine (grande banquette, carreaux de carrelage) et pédiluve (pellicule d’eau sur le sol), qui pourrait également figurer une sorte de purgatoire par lequel le personnage est obligé de passer, le spectacle débute par une suite d’impressions décousue. Réflexions sur soi, considérations sur son état d’esprit et regards sur un groupe de touristes « à sac à dos intégré » parcourent cette première partie plutôt absconse.
À mesure que Le Regard du Nageur se déploie, Christèle Tual reprend pied, évoque plus franchement sa rupture, en vient à séduire à nouveau et se trouve alors entourée de plusieurs animaux en bouées gonflables. Apportant un décalage comique par leur simple présence (envahissante qui plus est, dans cet espace réduit), ils complètent la panoplie des béquilles habituelles du monologue convoquées par l’artiste et ses deux metteurs en scène (Ludovic Lagarde et Lionel Spycher) : accessoires, travail sur la lumière et le son, perruques et coiffures changeantes pour varier le propos. Parmi cette liste, on mettra surtout en exergue le beau travail sur le son : écho plus ou moins présent, voix en direct ou via un petit micro, inflexion de la tessiture vocale ; autant de moyens de symboliser l’évolution d’un personnage qui, bien qu’ayant souffert, continue à nager.
le 17/05/2014