Laurence Vielle
Laurence Vielle
du 03/06/2014 au 07/06/2014
Maison des Métallos,
Paris
Spectacle d’ouverture d’une « quinzaine belge » donnée à la Maison des Métallos, Du Coq à Lasne est le récit du parcours de Laurence Vielle qui a marché de la ville du Coq (près de la mer du Nord, au-dessus d’Ostende, jusqu’à celle de Lasne, située au sud-est de Bruxelles. Passant d’un territoire flamand au pays wallon, l’auteur en profite pour revisiter l’histoire de la Belgique en même temps que son propre passé familial.
Charriant souvenirs ténébreux (collaboration, déportation, trahison, mémoire enfouie), Laurence Vielle opte pour une mise en scène plutôt ludique, faite de nombreux accessoires et adjuvants, nécessaires aides à la traduction scénique de son monologue : vidéos et photos projetées sur un drap en arrière-plan, objets multiples, petite carriole. De même, elle est accompagnée par le musicien Vincent Granger qui passe de la clarinette à la clarinette basse, en fonction de la tonalité plus ou moins sombre du propos. Si l’ensemble peut paraître un peu trop « sur-mis en scène » et renforcer l’aspect décousu de la forme (d’autant plus que la comédienne interprète plusieurs personnages, convoquant plusieurs voix pour figurer ses aïeux), cela rend assurément plus appréhensible l’histoire personnelle de cette famille pendant la seconde guerre mondiale.
Décontenancé, voire gêné, par la diction et le phrasé initiaux de Laurence Vielle (hachant ses phrases, découpant bien toutes ses syllabes et sur-articulant chaque mot), le spectateur se laisse néanmoins emporter par un récit tour à tour cocasse et émouvant. Malgré quelques scories (adresses au public, allers-et-retour dans les travées de la salle, difficultés à terminer son récit), Du Coq à Lasne s’avère poignant et touchant, au-delà de la Belgique, même s’il se veut ouvertement métaphorique des tourments politiques actuels du pays.
le 06/06/2014