(Morr Music / La Baleine)
07/03/2014
Rock

Fenster / Indie / Morr Music
Avec son miroir ornementé en couverture et son intitulé en forme d’oxymore, le nouvel album de Fenster avait tout pour se diriger vers une musique inquiétante et énigmatique, à rebours de certains morceaux de Bones, premier effort publié il y a deux ans et qui se signalait par un partage entre quelques titres opérant dans cette veine et d’autres, nettement plus folks et sautillants. Présente au premier plan sur la plupart des pistes, la voix de JJ Weihl se pare d’atours réverbérés et souligne précisément ce positionnement stylistique, en rajoutant peut-être un peu trop dans une posture lascivo-lynchéenne (beaucoup trop) abordée par de nombreuses chanteuses en vue ces derniers mois.
Quand la jeune femme laisse ses compères opérer au chant, l’ensemble perd en qualité, les timbres masculins s’assortissant moins bien avec l’instrumentation à la fois torturée et marmoréenne (Cat Emperor), même quand l’un d’entre eux force le trait en rendant sa voix la plus grave et la plus traînante possible (The Light). Revenant vers des titres chantés par Weihl, on se satisfera de la confrontation de sa voix avec des guitares plus incisives et des rythmiques quasi-tranchantes (On Repeat), manière de conforter l’impression que le groupe a tout à gagner à se mettre un peu en danger et à ne pas se limiter à quelques effets éculés.
le 17/06/2014