du 17/05/2014 au 17/08/2014
FRAC Centre-Val de Loire,
Orléans
Bertrand Lamarche / FRAC Centre-Val de Loire / Hugues Reip / Jordi Colomer / Julien Prévieux / Kader Attia / Sarah Fauguet & David Cousinard / Yona Friedman
Si la majorité des FRAC déploie une politique d’expositions généralistes et multi-thématiques, quelques-uns font le choix de se concentrer plus particulièrement sur un medium ou une discipline artistique donnée : le FRAC Picardie axe ainsi son travail autour du dessin tandis que le FRAC Centre s’attache aux rapports entre geste artistique et pratique architecturale. Récemment rouvert et agrémenté d’une extension destinée à l’accueil du public et aux espaces de convivialité, le bâtiment orléanais propose, dans sa galerie du rez-de-chaussée, une exposition-manifeste de sa démarche puisque douze plasticiens ont été conviés à présenter un architecte en regard d’une de leurs œuvres extraites des collections du FRAC.
Fort de ce point de départ, on trouvera, logiquement, quelques créations très littéralement inspirées de techniques architecturales : Building d’Hugues Reip (simple tissu orné de fenêtres entourant un Tancarville), installation de Kader Attia dans laquelle des moules sont venus, façon pochoirs, marquer de leur empreinte une étendue de graines de couscous donnant l’impression d’un plan masse d’un ensemble urbain ou encore la série Anarchitekton de Jordi Colomer, célèbre pièce combinant vidéo de l’Espagnol brandissant, telles des pancartes par ailleurs exposées, des maquettes géantes d’immeubles. Mises en contrepoint des créations de « villes spatiales » suspendues de Yona Friedman, ces dernières œuvres répondent parfaitement au principe de Double Jeu.
Pour les plasticiens, l’architecture, urbaine notamment, peut relever davantage de l’imaginaire futuriste : Sarah Fauguet et David Cousinard réalisent ainsi un volume entre cabine d’ascenseur et caisson permettant de voyager dans le temps ou l’espace (SAS (Version B)) alors que Cécile Beau utilise de la verrerie chimique, en assemble les ustensiles, pour constituer une cité quasi-fantastique. Si la présence de la vidéo Anomalies Construites de Julien Prévieux, qu’on visionnait pour la troisième fois, peut être un peu laborieusement raccroché au thème de l’exposition (les utilisateurs de Google SketchUp y racontent leur expérience du logiciel), un effort de projection mentale est enfin requis du spectateur face à la Réplique de Bertrand Lamarche. Nouvelle réussite du Français, cette œuvre associe bras articulé, réflecteurs et projecteur pour donner l’impression d’un entrelacs relevant aussi bien de la toile d’araignée que des volutes de fumée ou des nœuds des fibres musculaires ; de fait, cet entremêlement peut s’apparenter également aux bretelles autoroutières et autres croisements de circulation.
le 01/08/2014