(sound in silence / Import)
28/07/2014
Electronique

Suivi pendant ses premières années d’activité (de 2006 à 2010), David Newlyn n’avait plus été évoqué sur ces pages par la suite, probablement en raison de sa profusion de sorties (près de trois par an). Avec la publication d’un album sur Sound In Silence, ce label grec adepte des disques faits à la main, en édition limitée et numérotés (200 exemplaires, cette fois-ci). De Newlyn, on se souvenait d’une electronica agréable, parfois accompagnée d’une guitare acoustique ; ici, il s’agit de verser dans un néo-classique on ne peut plus traditionnel, sans surprise aucune, égrenant ses titres composés à partir d’un piano solo agrémenté de quelques apparitions électroniques en arrière-plan.
Comme de coutume, l’ensemble alterne entre pièces profondes, dans lesquelles du temps est laissé entre chaque note afin de bien prendre la mesure de la densité du propos, et moment plus légers, au tempo un rien plus élevé et aux notes plus claires et aigues (Theory, Ephemera). Histoire de ne pas dénigrer l’intégralité de Good Luck (Enigma), on gardera de côté Times Have Changed avec ses nappes de cordes et son grésillement. Afin de compléter la panoplie, l’Anglais nous livre également un morceau de près de quatorze minutes, prenant bien le temps de savourer chacune des notes déposées, de se repaître de l’atmosphère mise en place, de goûter la combinaison du piano avec les petites touches synthétiques poignant au loin (Broadcast).
Si le lecteur pourra nous trouver exagérément sévères, cette dureté doit s’analyser aussi bien au regard du parcours passé de David Newlyn qu’à l’aune de notre lassitude face à tant d’albums semblables : pas désagréables, bien exécutés, impeccables à écouter en fond sonore, mais d’une attristante banalité.
le 09/10/2014