du 27/11/2014 au 01/02/2015
FRAC des Pays de la Loire,
Carquefou
Avec ses ateliers internationaux, le FRAC des Pays-de-la-Loire s’intéresse régulièrement aux plasticiens d’un pays donné à qui il offre une résidence et une exposition collective terminale. Pour la vingt-huitième édition de ce dispositif, c’est un pays fréquemment croisé qui est à l’honneur, le Mexique ayant connu plusieurs mises en lumière ces dernières années, aussi bien dans des institutions (Musée d’art moderne de la Ville de Paris) que dans des lieux privés (Maison Rouge). Pourtant, la source ne semble pas tarie puisqu’hormis Jorge Satorre (et encore, nous l’avions croisé dans un autre contexte que ceux cités à l’instant), aucun des cinq autres artistes ne nous étaient connus.
En guise d’introduction, la commissaire, Daniela Pérez, narre une histoire survenue à la gare ferroviaire de Celemania : un camion de dynamite percuta une voiture, provoquant un incendie et la mort de trois personnes ; bénévoles et photographe s’approchèrent, les premiers pour aider les survivants et le second pour filmer la scène, quand une seconde explosion eut lieu, tuant plus de trente personnes dont le photographe dont, pour autant, l’enregistrement subsista. Bien que la commissaire s’en défende, les œuvres présentées trouvent, en cette histoire dramatique, un écho puisqu’il s’agit, pour les six créateurs, de documenter quelque chose qui est arrivé, de se muer en mémorialiste ou de retranscrire un mouvement performatif. Ainsi, Diego Berruecos épingle une série de photos des « lanternes rouges » du Tour de France (ces cyclistes qui sont derniers du classement général et en tirent une certaine gloire), Andrea Chirinos dispose tableau noir, estrade d’école et pancarte en souvenir d’une leçon de français dans un établissement mexicain, et Jorge Satorre confectionne des céramiques en terre cuite retranscrivant des histoires racontées par des amis et parents.
Plus conceptuel, Santiago Borja renvoie à une performance qui eut lieu le soir même du vernissage : les pas des visiteurs sont retranscrits au sol à l’aide de l’écriture Laban, technique qui sert à traduire des mouvements de danse. Un volume de tubes d’acier vient compléter ce marquage pour renseigner sur l’amplitude des déplacements des intervenants. Autre souvenir d’un autre geste, la sculpture de Cynthia Gutiérrez rassemble les clous qui ont accrochés quelques œuvres de la collection du FRAC, manière de faire le lien avec le lieu qui l’a accueillie et de lui rendre ainsi hommage.
le 16/01/2015