du 25/11/2014 au 10/01/2015
Fondation d’entreprise Ricard,
Paris
Comme elle l’a déjà fait avec d’autres plasticiens, la Fondation d’Entreprise Ricard offre une monographie à un artiste repéré dans des expositions collectives présentées dans ce même lieu, et notamment lors du Prix annuel de la Fondation. Ainsi avions-nous pu relever, il y a six ans, les étranges sculptures d’Emmanuelle Lainé qui revient donc dans cet espace pour l’investir complètement et nous présenter le résultat d’un aménagement de trois semaines dans les volumes de la Fondation.
Mobilier (chaises, fauteuils), plâtre, gravier, argile ou peinture ont alors été récupérés ici ou là pour agrémenter les salles et donner l’impression que le lieu a été habité, puis ravagé. De grandes photographies ont été prises, puis reproduites en taille réelle et collées sur les murs de la Fondation. L’effet miroir et l’impression de mise en abyme qui en résulte donne un aspect vertigineusement profond à l’ensemble tandis que le spectateur peut également s’amuser à chercher les différences entre l’espace pris en photo et celui dans lequel il évolue. Tel un enquêteur sur une scène de crime, naviguant au milieu d’un bric-à-brac, il pourra alors observer que manquent trois grands masques (façon loups de bal costumé) qui, sur les épreuves d’André Morin, étaient accrochés en majesté mais ont, en réalité, disparus.
L’imagination peut, par conséquent, conduire à les désigner comme responsables, sinon coupables, du désordre et du fatras du lieu ou alors à s’interroger sur la volonté d’Emmanuelle Lainé, et de sa commissaire, Sophie Von Offers, de les soustraire au regard du visiteur. Plutôt absconse et désordonnée en apparence, l’exposition de la Française tisse ainsi quelques pistes narratives roboratives.
le 06/01/2015