(Kranky / Differ-ant)
17/11/2014
Electronique

Le tour CD Fury And Hecla mis à part, la discographie de Loscil se trouve être dans une phase dans laquelle le Canadien s’entoure de musiciens, pour un résultat hautement probant. En effet, ces pages ont largement pu souligner le fait que, réduit à sa seule personne intervenant dans un registre d’ambient pure, Scott Morgan était moins pertinent alors qu’à l’inverse, il parvient toujours à convier des invités venant rehausser son propre propos. Sea Island est donc de cette eau-là, avec, de surcroît, l’intégration d’instruments rarement croisés sur des disques de Loscil, tel le vibraphone de Josh Lindstrom (sur Ahull et Angle Of Loll).
La touche mélodique et la polyrythmie générées par la présence de cet instrument apporte une coloration un peu différente aux compositions de Loscil comme, à fronts renversés, le piano de Kelly Wise sur Sea Island Murders crée une atmosphère beaucoup plus éthérée et inquiétante en même temps. Si la participation du violon d’Elaine Reynolds se fait moins sentir (Catalina 1943), les vocalises extatiques d’Ashley Pitre s’accordent bien avec l’instrumentation mise en place par Scott Morgan (Bleeding Ink).
Par ailleurs, Loscil sait parfaitement revenir à ses fondamentaux, soit une musique proche du dub, avec quelques pulsations caractéristiques, aux consonances presqu’aquatiques (In Threes, Sturgeon Bank, Iona). Mais ici aussi, le climat induit par les titres précités infuse puisque, sur le dernier titre cité, le piano électrique du fidèle Jason Zumpano se fait perlé et délicat, tout juste troublé par quelques vents électroniques de surface. Entre nouveaux apports et convocations des matériaux basiques de son travail, Loscil réussit donc, une nouvelle fois, un bien bel album, nouvelle pierre de sa riche et très cohérente discographie.
le 20/02/2015