du 05/02/2015 au 28/03/2015
Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers
Une nouvelle fois, la Galerie Édouard Manet nous présente une exposition d’un artiste dont le nom ne nous était pas inconnu, pour l’avoir vu apparaître à plusieurs reprises, mais dont nous n’avions jamais encore pris connaissance du travail. Cette démarche défricheuse, pour louable qu’elle soit, peut néanmoins conduire à alterner véritables découvertes et propositions moins emballantes car s’inscrivant dans une lignée trop évidente ou sur des chemins déjà trop parcourus.
C’est un peu le cas de Julie Béna qui, avec ses quatre œuvres (une par salle de l’espace municipal de Gennevilliers), s’attache principalement au mobilier, et plus généralement à l’esthétique, de bureau : moquette siglée, néons éclairant, tables transparentes aux pieds en acier, cloisons mobiles. Pourtant, à y regarder plus précisément, quelque chose cloche et les éléments ne semblent pas aussi fonctionnels qu’ils n’y paraissent : les tiroirs sous les tables sont trop peu larges pour accueillir des claviers d’ordinateurs, les structures rondes pivotent à l’envers, les cloisons séparatrices sont recouvertes de lettres adhésives…
Jouant ainsi sur le détournement et le léger décalage, la Française insère des micro-indices contestataires dans un ensemble extrêmement normé, permettant à chacun d’imaginer ce que pourrait être un moyen de briser le moule de cette « esthétique corporate » auquel le commissaire d’exposition fait allusion.
le 05/03/2015