Foofwa d’Immobilité
du 18/03/2015 au 20/03/2015
Centre National de la Danse,
Pantin
Si les spectacles à vocation pédagogique constituent un genre assez périlleux, ils peuvent également être l’occasion d’appréhender de manière un peu décalée un historique parfois sentencieux et dogmatique. Avec Histoires condansées, Foofwa d’Immobilité se situe pleinement dans cette logique puisqu’il ambitionne, pendant les deux heures du spectacle, de revenir sur l’histoire de la danse. Après être rapidement remonté à l’Antiquité et aux danses classiques (les cours royales de l’Ancien régime, le ballet), il s’attarde sur la danse moderne en convoquant l’évocation de quelques grandes figures (Isadora Duncan, Vaslav Nijinski, Martha Graham, Merce Cunningham) puis en vient au post-modernisme (Lucinda Childs) et à la danse contemporaine (Pina Bausch).
Dans un dispositif tenant davantage de la conférence, voire du one-man show (seul en scène, éclairé par deux techniciens présents au bord du plateau, micro tour de cou, déplacements incessants, plateau nu), le Suisse incarne successivement une demi-douzaine de personnages, recréant, au fur et à mesure de sa chronologie, quelques passages dansés célèbres (Le Sacre du Printemps, Café Müller…). Techniquement très tenus (la variété des registres est impressionnante, il interprète la musique en même temps que la danse), ces mini-soli lui permettent d’exemplifier sa narration et de densifier un propos qui aurait pu, sans cela, s’éloigner un peu trop du geste chorégraphique.
Dans ses exposés, Foofwa d’Immobilité sait également se faire tour à tour très ludique (ruptures de rythme, langage familier, appel à la participation du public pour recréer l’ambiance bouillonnante de la première du Sacre au Théâtre du Châtelet) ou plus docte, lorsqu’il recontextualise historiquement chaque évolution stylistique : révolution industrielle, changements sociaux et sociétaux, féminisme, développement des moyens de locomotion… Avec ce spectacle accessible et réjouissant, il peut aussi s’adapter à son public et, comme le soir où nous l’avons vu, insister sur son aspect performatif quand la salle est majoritairement composée de scolaires.
le 23/03/2015