(Serein / Import)
05/05/2015
Electronique

Déjà amplement présent sur ces pages, aussi bien pour ses travaux en solo que ses collaborations avec Celer ou The Beautiful Schizophonic, Yui Onodera s’est, cette fois-ci, associé à Vadim Bondarenko, pianiste et clarinettiste, pour une rencontre au cours de laquelle les instruments du second évoluent avec grâce sur les textures mises en place par le premier.
À l’évidence, leur rencontre ne pouvait que produire quelque chose de ce type, chacun opérant dans une forme de minimalisme ouvragé : nappes travaillées, légers crépitements et travail sonore pour le Japonais, épure du jeu au clavier et rondeur de la clarinette du Russe. La conjonction de ces deux univers permet également d’écarter quelque peu les traditionnelles réserves que nous pouvons émettre à l’endroit des disques néo-classiques ; de fait, sur Cloudscapes et nonobstant cet intitulé et un visuel faisant dans l’abstraction onirique, point trop de pose savante, ni d’appel insistant à la divagation de l’auditeur.
Précisément, les petits glitchs introduits par Onodera servent à perturber l’approche un rien trop sage de Bondarenko (Cloudscape 4, Cloudscape 8, Cloudscape 10). Le Japonais peut, au reste, se voir offrir dix minutes de quasi-solo, propres à le laisser déployer, avec ampleur et précision de la construction, l’ensemble de sa palette (Cloudscape 5). Mais, sur un tel album, c’est naturellement quand les deux hommes opèrent de concert qu’on se fait plus attentif et plus réceptif à une proposition tout à fait pertinente.
le 21/07/2015