(Room40 / Import)
14/08/2015
Rock

Fidèle à Room40, Erik Griswold y publie un nouvel album qui nous donne l’occasion de faire la découverte de ce musicien ayant déjà partagé un disque avec Anthony Pateras et sorti un premier long-format sur le label australien. Adepte du piano préparé, le musicien en utilise l’intégralité des possibilités, jouant aussi bien sur les touches en tant que telles, que sur les cordes et leur caractère percussif.
De fait, tout au long des quinze morceaux et cinquante-deux minutes que compte l’album, l’États-Unien va superposer attaques plutôt franches des touches noires et blanches, et travail sur les cordes, les pinçant à la manière des pizzicati qu’exécuterait un joueur de violoncelle. La force donnée, au moment d’appuyer sur les touches, et le caractère métronomique et rapide des interventions sur les cordes parviennent à générer une forme de rythmique et à régulièrement conférer à l’ensemble un tempo assez enlevé. Sur le plan mélodique, la main gauche et la main droite d’Erik Griswold ne coopèrent véritablement que rarement, la superposition des deux demeurant l’exception (The Rumble Seat).
En vérité, sur la durée du disque, la formule a tendance à se répéter et les variations, d’un titre à l’autre, ne sont pas forcément suffisantes pour nous maintenir en alerte et pallier le fait que, définitivement, ce type de proposition s’apprécie davantage en concert que sur disque. Au-delà de l’aspect itératif du propos (bien qu’on puisse également y voir une mise en abyme, chaque morceau insistant, déjà, sur la répétition du même thème), il devient presque difficile d’aller au bout de l’album, à force d’être brinquebalé et de subir ces sonorités percussives et mates.
le 08/10/2015