(Rune Grammofon / Differ-ant)
28/08/2015
Jazz

Alors qu’In The Country, autre trio jazz ayant sorti des disques sur Rune Grammofon a quitté à la fois le label norvégien et les rives d’un jazz traditionnel, Espen Eriksen Trio reste fidèle aussi bien à la structure d’Oslo qu’aux contours développés depuis cinq ans. La combinaison piano-contrebasse-batterie continue, sur ce Never Ending January, d’opérer avec une suavité et une grâce assez remarquables, tout en faisant le choix d’accentuer délibérément le caractère mélodique des lignes du clavier d’Espen Eriksen.
Soutenu par ses comparses (Andreas Bye à la batterie et Lars Tormod Jenset à la contrebasse), le musicien livre ainsi des partitions dans lesquelles son piano se place à l’exacte frontière entre le plaintif et le mélancolique, avec ses thèmes quasi-immédiatement identifiables. Comme sur ses précédents efforts, le trio s’efforce également de proposer des titres un peu plus improvisés, avec batterie et contrebasse davantage présentes et piano au jeu plus débridé (Floating, In The Mountains). Dégringolant le long de ses octaves, mettant en place un trémolo ou plaquant quelques accords, Eriksen retrouve alors des accents d’habitude destinés aux prestations live. Au diapason, Bye fait résonner ses cymbales et Tormod Jenset accentue le pincé de ses cordes. Plus encore, Brian se fait fiévreux dans son dernier quart, à mesure que la batterie prend de l’espace.
Vers la fin de l’album, les Norvégiens laissent entrevoir une direction un peu autre, particularisée par le jeu à l’archet de Lars Tormod Jenset et les frappes plus marquées sur ses toms d’Andreas Bye (Cold Front). S’ils maîtrisent assurément l’approche traditionnelle du jazz, et singulièrement du trio piano-contrebasse-batterie, on est alors heureux de voir les musiciens s’aventurer sur des terres moins balisées.
le 13/10/2015