(Unseen Records / Import)
11/09/2015
Electronique

Electronica / Goldmund / Helios / Post-Rock / Unseen Records
Depuis la fin des années 2010, Keith Kenniff ne sort des albums, sous son nom d’Helios, que sur son propre label, Unseen Records. Après les années fastueuses sur Type, il a ainsi développé sa propre structure, à même de recevoir les parutions d’Helios, mais aussi de ses autres projets (Goldmund, Mint Julep ou Meadows). Parmi toutes les tentatives de l’États-unien, les publications d’Helios ont toujours été nos préférées et c’est donc avec autant d’attente que d’excitation que nous avions appris qu’il avait fait appel à un financement participatif pour finaliser la réalisation de Yume.
Réécoutant régulièrement Eingya et Caesura, c’est en ayant présent en mémoire ces deux superbes albums qu’on s’attelle à l’écoute de ce nouveau long-format, dont l’approche s’avéra déjà convaincante, grâce à un nouveau visuel de Matthew Woodson. Entre electronica et post-rock alangui, Keith Kenniff continue à proposer des morceaux parfaitement construits, alliant savamment boucles de guitare acoustique, intégration de bribes électroniques et touches de clavier. Quelques nappes viennent enrober un ensemble intégralement instrumental tandis qu’un violoncelle et un alto rajoutent un peu de lyrisme émouvant à la fin de Sonora Lac.
Toujours aussi dépouillé dans son approche, Helios peut néanmoins convoquer une batterie réelle pour donner un peu plus de corps à un morceau comme Pearls, capable de se déployer progressivement et d’emporter ainsi l’adhésion. D’une grande délicatesse, les compositions de Keith Kenniff se font peut-être moins flamboyantes que par le passé, voire légèrement trop semblables, davantage tournées qu’elles sont vers une certaine forme d’intériorité et de déroulé d’une même logique. Pour autant, elles demeurent assurément enthousiasmantes, réconfortantes et à la grâce véritable.
le 06/11/2015