Jonathan Capdevielle
Jonathan Capdevielle
du 11/12/2015 au 15/12/2015
Théâtre Public de Montreuil,
Montreuil
Depuis 2007, Jonathan Capdevielle peaufine un spectacle tout d’abord présenté sous forme de tour de chant, dans lequel il imitait Madonna ou d’autres chanteurs pop. Gagnant progressivement en densité, cette proposition s’est étoffée pour devenir Adishatz / Adieu, solo autobiographique, entre autofiction et performance, centré sur les souvenirs d’adolescent du jeune homme.
Précisément, le spectacle débute par une série d’interprétations a capella de tubes des dernières décennies (principalement Madonna, donc, mais aussi Francis Cabrel, par exemple), circonscrits à leurs premier couplet et premier refrain, et enchaînés aussi sec, sans aucun accompagnement musical. Vêtu d’un sweat à capuche et armé d’une cannette, Capdevielle s’y dépeint en ado mal dans sa peau, gauche et emprunté, ne sachant que faire de son grand corps, sinon se glisser dans la peau de ses vedettes. Le changement d’enveloppe interviendra par la suite, avec une séance de travestissement faisant apparaître une grande blonde emperruquée et dotée de hauts escarpins à paillettes.
Ce sont alors des échanges téléphoniques avec son père, vivant dans la campagne pyrénéenne, ou des scènes de boîtes de nuit qui sont rejouées, faisant prendre conscience de l’écart qui s’est créé entre ceux qui sont restés et celui qui est parti vivre en région parisienne. Si l’aspect déterministe est un peu attendu (le fan de Madonna finissant forcément travesti), l’ensemble est joué sur un mode comico-burlesque particulièrement savoureux. Les séquences en boîte de nuit charrient ainsi tous les clichés du genre, pour le grand plaisir du public : animations ringardes du DJ (« allez les gars et les filles, on lève les bras bien haut, on remue son petit corps sur la piste et on-y-va !!! »), drague à deux balles, échauffourées entre joueurs de rugby bourrés, etc… Les imitations ont beau se faire caricaturales, on rit de bon cœur tout en relevant la touchante nostalgie qui se dégage de cette suite de tableaux, traduction émouvante d’une construction personnelle.
le 13/12/2015