(Editions Beides / Import)
02/09/2016
Electronique

En 2004, ces pages chroniquaient Inteletto D’Amore, album de Paul Wirkus qui était présenté comme ayant traversé le jazz, la musique improvisée, le punk, le post-rock, avant de livrer un long-format d’électronique ambient. Un concert au Point Éphémère donné quelques mois plus tard et le Polonais quitta ces pages, restant néanmoins actif discographiquement pendant cinq ans encore. On pensait alors ne plus jamais avoir de ses nouvelles jusqu’à ce qu’on soit informé de la parution d’un nouvel album, uniquement publié en vinyl et digital et qui donne l’impression d’aller puiser, stylistiquement, dans l’intégralité de la trajectoire de Paul Wirkus.
C’est ainsi que Carmen Et Error débute par une pièce uniquement percussive, dans lequel un bol en métal et un woodblock sont frappés de manière métronomique (L1), procédé qu’on retrouve plus loin sur K1. La simplicité du dispositif n’empêche pas d’apporter de la variation, à l’image de ces résonances qu’on croit entendre apparaître puis disparaître autour des frappes métalliques. Changement total d’ambiance avec trois reprises de Fred McDowell, figure du Delta blues, que Wirkus livre en s’enregistrant tout basiquement en mono, dans un dénuement assez raccord avec le style choisi (The Train I Ride, Drinkin’ Water Out Of A Hollow Log et I Heard Somebody Call).
Ce dépouillement se fait, quoiqu’il en soit, nettement plus intéressant que les trois morceaux pour lesquels le Polonais s’est adjoint les services d’un batteur et d’un bassiste, dans une formule rock trop graisseuse et poisseuse (A Constant, The Limits Of Human Endurance et Dankgesang). Huit titres, trente-quatre minutes et trois univers musicaux différents abordés : c’est probablement trop et générateur de déchet, mais peut-être fallait-il passer par là pour que Paul Wirkus revienne.
le 05/10/2016