29/10/2017
Musée d’Arts,
Nantes
Pour clôturer, en ce qui nous concerne, cette quinzième édition du Festival Soy, nous sommes retournés, trois jours après le concert de Fennesz, au Musée d’Arts de Nantes, mais cette fois-ci au cœur des collections, et plus spécifiquement dans la Galerie d’Art Moderne. Assis sur un coussin au pied d’un Piero Manzoni, nous faisions face aux artistes, installés pour leur part au pied d’une toile de Pierre Soulages. Le duo français qui était chargé d’ouvrir l’après-midi s’installa en premier, lui à l’harmonium et aux machines, elle aux Ondes Martenot.
Les sons un peu rétro-futuristes produits par Accident du Travail (sifflements, flirts avec le larsen, boucles hypnotiques), raccords avec les Ondes Martenot, instrument datant de 1928, alternèrent avec des ensembles plus graves et plus profonds. Pendant que Julie Normal se chargeait plutôt de la partie mélodique, avec des notes vaporeuses et des accords assez lumineux, son partenaire installait un bourdon de fond, grâce à son travail au soufflet de son harmonium, redoublé d’accords au clavier. Quelques petits soucis techniques et débuts hésitants de morceaux (quand Julie était seule à jouer, Olivier Demeaux donnant l’impression de vérifier ses branchements) furent à déplorer, mais rien qui les empêcha de poursuivre leur set.
Pour renouveler leur ambient, les Français purent proposer une coloration un peu autre quand Olivier s’empara d’une flûte traversière pour des notes aériennes qui résonnèrent alors bien avec celles de sa comparse et emplirent joliment l’espace. Saluée par le public, cette prestation nous sembla pourtant pas totalement aboutie ou dégrossie, à l’image d’une construction de set où il aurait peut-être été préférable d’enchaîner les morceaux, au lieu de s’arrêter entre chaque. Partant de ce postulat, on se montre pleinement disposé à revoir prochainement Accident du Travail, formation qui put satisfaire aussi bien ceux venus les voir que les visiteurs de passage du Musée.
Figure imposante de la musique électronique et ambient, Carl Stone sembla, par sa posture, conscient de son statut : assis derrière son laptop, mutique pendant tout son set et conservant son manteau et son écharpe. Musicalement, deux longs morceaux furent proposés, le premier constitué d’une superposition de nappes claires et presque scintillantes, pour un rendu proche du design sonore, et le second bénéficiant de vocalises féminine et masculine. Proches de la psalmodiation, ces dernières étaient chantées en japonais et semblables à une longue complainte, correctement incorporée aux textures par celui qui vit une bonne partie de l’année au Japon et met donc à profit ce nouvel environnement. Au bout d’une demi-heure (seulement), c’en fut fini et Carl Stone quitta les lieux au terme d’une prestation qu’on qualifiera poliment de paresseuse. Malgré cette déception finale, cette quinzième édition du Festival Soy confirma amplement ses promesses et les bonnes prédispositions que nous affichions à son endroit au début de cette demi-semaine nantaise. Entre organisation soignée, lieux variés et opportunément choisis, disponibilité et gentillesse de l’équipe du festival et réussite artistique, on tient bien là une manifestation de qualité.
le 04/11/2017