Sébastien Roux + Greg Davis

 date du concert

01/02/2005

 salle

Fri-son,
Fribourg

 tags

Fri-son / Greg Davis / Sébastien Roux

 liens

Greg Davis
Fri-son

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Salle ayant l’habitude d’accueillir des groupes de musiques amplifiées d’un certain calibre, Fri-son se distingue ce mois-ci en organisant une série de concerts de musiques électroniques marginales, comme Greg Davis ce soir ou bientôt Michael Northam. Comme de tels événements ne seraient de toutes manières pas rentables, ils ont de plus le bon goût d’être gratuits, ce qui permet peut-être de faire venir un public peu habituel.
Enfin visiblement, on n’attendait pas grand monde ce soir : des canapés et des tables basses sont disposés autour du plan de travail de Sébastien Roux et Greg Davis, au milieu de la grande salle.

Sébastien Roux se lance d’abord tout seul, une guitare sur les genoux, dont il tire de longues notes qui rentrent ensuite dans le laptop pour y être re-traitées en direct. Il procède par juxtaposition de touches de musique : on a l’impression d’avoir dans le domaine auditif l’équivalent des couleurs décomposées par un prisme. À vrai dire, une partie du public participe aussi à sa manière à la performance, en parlant bruyamment (on ne va pas râler, par leur consommation de bière ils nous paient la soirée). Tout cela est intégré en une sorte de méta-morceau : en continuant avec opiniâtreté dans son dessein, Sébastien Roux augmente peu à peu la densité de sa musique, en superposant différentes couches, tandis que les bavards, gênés par le bruit, portent leur canapé à l’autre bout de la salle pour être tranquilles. Roux ne se sert plus que de son ordinateur, et le morceau atteint maintenant son acmé avec plein de petites notes qui fourmillent.

Greg Davis le rejoint ensuite pour jouer en duo. Ils commencent abruptement : l’instant d’avant ils étaient encore en train de rire comme des baleines, et voilà qu’on est submergé par une déferlante bruitiste. La surprise est presque physiquement désagréable. La suite est à un niveau beaucoup plus audible. Ils panachent des sons organiques, qui proviennent sûrement de field recordings, et dont on peut parfois tracer la provenance, avec des sons plus ouvertement électroniques. Alors que l’on pouvait percevoir la structure de la première pièce de Sébastien Roux sur la longueur, il est ici plus difficile de savoir où l’on veut nous emmener, on a la même impression qu’en lisant un gros roman touffu de Thomas Pynchon, toutes les digressions sont permises. On nous donne à entendre des arpèges de guitare (entièrement enregistrés), des gouttes d’eau qui tombent, des sons electronica poppy, des grésillements de disque dur. Et tout cela crée la musique électronique la plus enthousiasmante qu’on ait entendue depuis longtemps.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 07/02/2005

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