(Hidden Shoal Recordings / Internet)
03/04/2018
Rock

Hearing Thing, publié en 2015, nous avait véritablement intéressés ; c’est donc tout à fait confiants que nous nous sommes plongés dans ce nouvel album d’Erik Nilsson, pour y constater que le Suédois se fait à nouveau fort de croiser instruments réels et électronique plutôt ambient. C’est ainsi que des nappes sont fréquemment mises en place, sur lesquelles une guitare acoustique en cascade (A Tap at the Window), un piano un peu déstructuré (The Marienkirche Meditations) ou bien une petite batterie interviennent.
L’ensemble, joué par le musicien multi-instrumentiste se déploie alors au long de morceaux s’étirant entre cinq et huit minutes, parfois stoppés alors même qu’on aurait aimé davantage de développement (The Benefits of Bepedalism, joliment emballant, soutenu par une rythmique et une petite guitare électrique aux mélodies en boucle, mais qui s’arrête net). Mais, en règle générale, Nilsson trouve la bonne durée, relançant souvent l’allure, par le biais de l’introduction d’une nouvelle rythmique programmée ou bien d’un nouvel instrument (les frappes sur les toms d’Off-Beat Etude N°1, par exemple).
Après six morceaux, l’album fait place au titre de clôture, long de quatorze minutes, crescendo post-rock particulièrement savoureux, dans sa capacité à se mettre progressivement en place, à démontrer une belle ambition et à mêler savamment sources diverses (Once, I Held You In My Arms Forever). C’est ainsi qu’après plus de sept minutes dans lesquelles une rythmique en « vent électronique » dialogue avec le piano, basse et batterie entrent en piste pendant que la partie « mélodique » est gérée par une boucle électronique. Dans les deux dernières minutes, enfin, les accords de guitare se parent de saturations et la batterie redouble, tandis que toutes les composantes refont surface, dans un final à la fois tenu et débridé.
le 18/04/2018