19/02/2005
Maison de la Radio et de la Musique,
Paris
Deuxième soirée pour nous pour cette première édition du festival Présences Electronique, avec aujourd’hui une sorte de prolongement au concert de la veille. En effet, se produisait hier Taylor Deupree, et ce soir Richard Chartier, les deux hommes ayant fondé ensemble le label LINE, sorte de division expérimentale de 12k, dédié notamment au minimalisme dont Chartier est le parfait exemple. Si nous n’avions jamais vu cet artiste en live, nous avions apprécié l’année dernière son album Archival 1991 paru chez Crouton.
La scène de la salle Olivier Messiaen s’offrait complètement à nous ce soir étant donné l’absence de projections et donc d’écrans. Au milieu des instruments qui devaient servir au deuxième concert, une petite table avec un laptop derrière lequel pris place Richard Chartier. Les lumières s’éteignent, plongeant toute la salle dans une pénombre qui nous mit dans un état où se mêlait inquiétude et apaisement. De part et d’autre de l’artiste, ce qui semblait être deux fils de fibre optique tombaient du plafond, dessinant deux fines lignes vertes et rappelant le minimalisme cher à ce musicien. Eparpillées sur la scène, de petites loupiotes scintillaient comme des étoiles. Le décors planté, le concert pouvait débuter.
On se rendit compte immédiatement qu’il faudrait prêter l’oreille pour ne rien manquer de ce concert, l’artiste jouant avec des sonorités extrêmes, un niveau sonore particulièrement faible, toujours à la limite entre l’audible et l’inaudible, créant une musique qui concurrence le silence. Le concert commence par de micro crépitements qui viennent de toute part, puis des souffles légers, comme une brise nocturne, des grelots métalliques qui n’en finissent pas de résonner. L’épure est extrême, on a presque l’impression que l’artiste attend de ne plus entendre un son pour en lancer un autre, le tout au rythme de notre respiration.
Et puis une fois la machine lancée, des nappes sourdes, tenant presque autant du souffle, viennent remplir les espaces vides d’une linéarité qui n’est qu’apparente. Tous ces éléments se combinent avec un même objectif, créant des paysages désertiques et mouvants, des mirages sonores, puisant autant dans notre société industrialisée (ronronnement sourd de machines) que dans les subtiles bruits naturels sur une fin de concert qui nous rappellera les vents polaires de Biosphere.
le 20/02/2005