Andrew Skeels
22/09/2018 et 23/09/2018
Espace 1789,
Saint-Ouen
Pour ouvrir sa saison, l’Espace 1789 de Saint-Ouen a intelligemment programmé un spectacle tout-public, à même de drainer familles et béotiens en ce week-end de fin septembre, et singulièrement à la représentation dominicale. C’est donc au milieu de plusieurs enfants qu’on prit place pour une heure de danse, mêlant astucieusement chorégraphies contemporaines et musique baroque. Un peu surprenant de prime abord, l’attelage concocté par Andrew Skeels se fit toutefois probant, notamment car il se départit régulièrement de la simple illustration de l’un par l’autre.
De fait, on se trouva certes face à des concordances certaines (amples et lents mouvements de bras quand du violoncelle se fait entendre, interventions plus saccadées sur une gigue de Bach) mais, dans l’ensemble, le créateur états-unien, à présent basé au Canada, se départit d’un tel schématisme pour simplement mettre en présence corps et musique. Sur des partitions de Purcell, Vivaldi, Albinoni ou Bach, donc, cinq danseurs hip-hop alternent passages en groupe, trios, duos et soli. Si ces derniers ne s’avèrent pas nécessairement les plus intéressants, on se montra nettement plus convaincu par les interactions à deux, quand chacun se servit de la force et de l’impulsion de l’autre comme point d’appui et de relais, pour enchaîner sur sa propre gestuelle. Souvent répétés, ces mouvements traduisaient une grande fluidité entre les cinq intervenants, tous vêtus de justaucorps couleur chair et de pantalons de jogging tout aussi clairs.
Évoluant sur un plateau nu, les deux femmes et trois hommes variaient les combinaisons, se positionnant, pour les duos ou trios, dans un coin de l’espace, tandis que les autres déambulaient en périphérie, attendant leur tour comme cela se passe dans les pratiques urbaines amateurs. Quelques passages plus heurtés permirent de faire le pont avec la formation hip-hop des cinq danseurs, quand ils se trouvèrent collés au sol, enchâssés les uns dans les autres et effectuant les mêmes gestes les uns après les autres, dans une grande rapidité d’action. Mais, une nouvelle fois, ce furent assurément les développements à deux ou trois, quand ils croisaient leurs bras, paraissaient rebondir sur les membres de l’autre ou enroulaient leur tête dans le creux du coude de l’autre pour déployer un nouveau geste, qu’on goûta particulièrement la proposition.
le 26/09/2018