(Village Green / Import)
14/09/2018
Electronique

Deux mois après le très convaincant Staccato Signals, Ben Chatwin revient déjà avec un nouveau long-format, au titre peu éloigné. Nonobstant cette proximité dénominative, c’est un processus inverse pour lequel l’Anglais a opté puisqu’au lieu de livrer des plages de synthé accompagnées ensuite de cordes, il a enregistré tout d’abord ces dernières, puis les a traitées par le biais de ses machines. En bonne logique, il en résulte un ensemble extrêmement homogène, dans lequel on distingue certes les sonorités des violons, alto et violoncelle mais où le tout se trouve filtré et plongé dans une sorte de densité composite (Unravel ou Chiral).
Les cordes peuvent même être positionnées sur le devant, comme si le concours synthétique postérieur était limité à la portion congrue (Dendrites), ou bien jouer de manière plus saccadée, apportant une touche quasi-rythmique (Lost At Sea). Au-delà du quatuor à cordes, les synthés de Ben Chatwin se trouvent donc placés en majesté, introduisant même parfois des traits plus saturés et électriques, semblables à des interventions de guitare (Nordsjœn), ou constituant des nappes à la noirceur et à l’obscurité certaines (Coruscate).
Comme souvent avec ce type de proposition, le Britannique travaille sur l’émotion suscitée par les enchevêtrements et par les montées en puissance, mais il le fait sans grande ostentation, réservant cet exercice sur quelques morceaux seulement (Bone, par exemple). Au total, en conservant les atouts de son précédent effort, et en renouvelant un peu sa manière de faire, Ben Chatwin nous enthousiasme à nouveau.
le 30/10/2018