19/10/2018
Lieu Unique,
Nantes
Le programmateur des soirées du bar du Lieu Unique ayant quitté ses fonctions en fin de saison dernière, plusieurs organisateurs ont pris le relais. Parmi ceux-ci, on trouve notamment des associations nantaises, telles Yamoy (que ces pages connaissent pour l’annuel Festival Soy) ou bien Wine Nat / White Heat (qui offre, pour sa part, un festival printanier, qui mêle musique indé et vins naturels, en plus d’un jeu de mots destiné aux amateurs du Velvet Underground).
C’est cette dernière qui se chargeait du plateau de ce vendredi soir, débuté par le set de Mark Morgan. Posté sur la petite scène, devant une demi-douzaine de personnes, le guitariste livra un set fait de crépitements et saturations, distorsions et noise déstructurée. Naquit alors l’impression qu’il passa son concert à s’accorder ou à régler ses pédales d’effets, entre deux mimiques outrées quand il lâcha quelques cris ou paroles dans son micro.
Pour son dernier morceau, le New-Yorkais posa sa guitare électrique pour agenouiller sa grande carcasse et uniquement mêler sa voix à des manipulations de pédales, avant de... mettre son étui à guitare ouvert sur sa tête, atteignant définitivement le Grand-Guignol !
Peu après 23 heures, et alors que le public s’est un peu densifié, place à Ensemble Économique, dont on avait un bon souvenir d’un concert donné il y a un an et demi au Supersonic. Avec une disposition identique (laptop, clavier-contrôleur et micro), le musicien livra une demie-heure de morceaux sombres et hantés, alternant présence du chant ou non, parcourus de souffles, accords lancinants, nappes opaques, traits et poussées électriques. Réverbéré, le chant de Brian Pyle permettait toutefois, et contrairement à ses précédents sets, de rendre plus identifiable les textes et paroles.
Si la dimension witch house de la musique de l’États-Unien était assurée par les composantes évoquées, il manqua peut-être des rythmiques et pulsations pour habiter l’ensemble. Cette absence se fit d’autant plus ressentir que la configuration du soir s’y prêtait : proximité immédiate du bar, heure tardive, présence d’un public de passage plutôt que de connaisseurs véritables de ses compositions.
le 24/10/2018