du 12/09/2018 au 10/12/2018
Centre Pompidou,
Paris
Décédé il y a quelques années, Franz West est probablement certainement connu pour ses grandes sculptures monumentales, à l’image de cette sorte d’énorme boudin rose qui trône dans le hall du Centre Pompidou. La monographie hébergée au sixième étage du bâtiment, pour trois mois, permet d’aller au-delà de cette pratique, et notamment de constater que l’Autrichien s’est plu, tout au long de sa carrière, à déconstruire le dispositif muséal : socles parfois faits à la va-vite, sculpture soutenant un socle, propositions entre sculptures et meubles, etc…
Voyageant dans un parcours assez ouvert et plutôt chronologique, le visiteur peut ainsi prendre conscience de l’évolution du travail de Franz West, et l’accent mis par la rétrospective sur ses collaborations et influences : présence de bibliothèques avec ses ouvrages de référence, multiples œuvres réalisées en commun avec d’autres artistes, nombreuses affiches d’expositions collaboratives, etc… Marqué également par un attachement au participatif, le geste du plasticien ne se trouve pas complètement relayé par l’institution parisienne : les Passstücke (ces sortes de prothèses amovibles censées se raccorder au corps des visiteurs) ne se manipulent qu’avec les médiateurs, on ne peut s’asseoir (hormis trois Cool Books, ces anneaux roses en aluminium, et trois Knotzen) sur aucune des sculptures-meubles. Difficulté habituelle de ce type d’exposition, cette limite génère une distance au spectateur qui s’avère finalement antinomique.
Sur le plan stylistique, la production de l’Autrichien se distingue, en parallèle, par un travail assez épais, ou trivial si l’on veut être moins sévère, dans l’ensemble : matière première mal dégrossie (papier mâché et plâtre), trait peu soigné, compositions grossières, collages très bruts, tons bruns, moutarde ou ocre et récurrence de la thématique « digestive » (à l’image de Rrose/Drama, mentionnée plus haut, comme une modélisation de l’intestin). À force, et sans nécessairement se faire un ardent défenseur de la ligne claire et d’une esthétique épurée et hygiéniste, cette accumulation n’aida pas l’adhésion au propos.
Itinérance de l’exposition :
– du 20 février au 12 mai 2019 : Tate Modern, Londres
le 05/12/2018