du 20/09/2018 au 09/12/2018
Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris
Dans un Plateau largement délesté de ses cloisons, le plasticien Elad Lassry dispose plusieurs photographies et quelques sculptures. Pour les premières, l’Israélien opte souvent pour un format 40x30, présenté à la même hauteur, de la même manière, forçant le spectateur à une certaine attention pour distinguer les caractéristiques des natures mortes, qui occupent une bonne partie des cimaises. Souvent pris en gros plan, ou bien avec un cadrage qui nécessite une petite accommodation avant d’être identifiés, les objets considérés se trouvent alors quasiment déconcrétisés : paire de skis, chaussures de ski, intérieur de voiture accidentée, etc…
Natures mortes, ces tirages ne le sont pas complètement, en vérité, puisqu’une forme de présence humaine apparaît, en « post-production » puisqu’Elad Lassry offre un travail plastique rehaussé à ces clichés : les photographies en noir et blanc sont pourvues de traits de peinture blanche qui recouvrent certaines parties du format, des objets sont intégrés au cadre ou au verre (corde en plastique bleu, cônes métalliques, etc…). Ces ajouts constituent une véritable singularisation du travail de l’Israélien, davantage en tout cas que les constructions hybrides, faites de l’association d’un coussin et d’un compresseur d’air.
À côté de ces séries de photographies, Elad Lassry en propose une autre, dans laquelle trois femmes sont saisies dans une esthétique proche des tirages de mode (cheveux tirés en arrière, maquillage marqué, tenue apprêtée, moue des modèles) mais avec un léger décalage dans l’attitude des personnages qui, là encore, interroge le regardeur.
le 03/12/2018