(Temporary Residence Ltd / Import)
12/10/2018
Electronique

Jusqu’à présent uniquement mentionné dans ces pages pour un concert (mitigé) donné au Bozar Electronic Arts Festival en 2017, William Basinski poursuit pourtant une carrière discographique assez riche qui le conduit, en cet automne, à livrer un album en commun avec Lawrence English. On sait ce dernier très adepte du travail collaboratif et on se demande alors bien ce qu’une coopération avec l’États-Unien allait bien pouvoir produire de novateur, dans un registre ambient déjà très embouteillé.
De fait, et sans réelle surprise, on se retrouve face à deux plages d’une vingtaine de minutes chacune, proposant des superpositions de nappes et de strates sonores, jouant doucement sur les sensations de flux et reflux, et sur la présence de simili-souffles. Temporary Residence nous indique que ces deux morceaux ont été composés simultanément de part et d’autre du Pacifique par le Californien et l’Australien, chacun cherchant à travailler autour de l’itération ; mais, en vérité, ils auraient pu tout aussi bien s’échanger des fichiers ou bien se retrouver physiquement au même endroit pour ce processus créatif, on n’est pas certain que le résultat aurait été différent.
Assurément, aussi bien William Basinski que Lawrence English maîtrisent leur sujet et n’ont plus grand-chose à prouver en la matière, mais ce Selva Oscura, sans jamais être désagréable ni raté, sonne diablement comme une production assez paresseuse. On relèvera néanmoins la présence plus appuyée d’une basse, au milieu du second titre, plongeant encore davantage le tout dans une noirceur d’encre, tandis qu’un jeu sur une forme de delay permet de tempérer un peu le jugement sévère qu’on avait fini par adopter, et qui ne nous empêchera toutefois pas de repérer que le duo se produira, en mars prochain, à Présences Électronique.
le 21/12/2018