(n5MD / Import)
05/11/2018
Electronique

Après le disque de Fall Therapy, place donc à celui d’Axel Rigaud, second Français à voir son premier album publié par n5MD en cet automne 2018. La forme de vitalité et de visibilité de la scène française traduite par cette concomitance se trouve d’autant plus justifiée que les deux musiciens opèrent dans des registres très différents. De fait, à l’IDM du Grenoblois répond le future-jazz du Parisien, capable de mêler programmations électroniques (boucles, rythmiques) et jeu au saxophone et à la flûte. Si un tel alliage peut, intuitivement, laisser imaginer quelque chose d’un peu émollient et décoratif, il n’en est ici rien.
Nous avions, au reste, déjà eu un avant-goût en mars 2017 lorsqu’Axel Rigaud s’était produit au Supersonic, en ouverture d’une soirée où Benoît Pioulard faisait office de tête d’affiche. Si notre souvenir aujourd’hui en est assez diffus, notre compte-rendu laissait imaginer quelques promesses qui, sur ce Transformation, s’avèrent assurément tenues. Stylistiquement, le positionnement du Français permet donc de confronter les pulsations electronica aux envolées improvisées des instruments à vent, le conduisant même à livrer des mini-tubes, avec mélodies repérables, break et rythmiques entraînantes (Dare, Direct Future).
Si le propos lorgne alors un peu trop vers la piste de danse et/ou l’efficacité, l’album sait alterner ces propositions avec des morceaux plus contemplatifs, amples et arythmiques (Solitude) ou bien avec des titres au tempo plus rapide (le bien-nommé Rush) ou à la polyrythmie bienvenue (Totem). Resserré sur trente-six minutes, Transformation fait ainsi montre d’une belle variété et, afin de boucler la boucle avec la manière dont on avait découvert Axel Rigaud, on est maintenant curieux de le retrouver sur scène, cet album écouté.
le 16/01/2019