Erwan Ha Kyoon Larcher
du 13/03/2019 au 23/03/2019
Théâtre Silvia-Monfort,
Paris
Au carrefour entre nouveau cirque, acrobaties et performance, Erwan Ha Kyoon Larcher trouve assurément toute sa place au Monfort, théâtre qui s’est fait le réceptacle de cette scène, dans le prolongement des succès qu’y ont trouvé Johan Le Guillerm, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel. Dans le petit espace de la « cabane » (cette structure toute en bois située un peu à l’extérieur du théâtre), plusieurs accessoires sont disposés sur le plateau que va investir le jeune homme. Celui-ci va se livrer à de petits bricolages et effets un peu lo-fi, à base de cierge magique, arc et flèches, machine à fumée, parpaings et micros ou déclencheurs de phrases pré-enregistrées placés un peu partout sur scène.
Avec son esthétique de l’insuccès répété, du revers rageant (ses « et merde » qui ponctuent chaque micro-échec), du « essayer encore, rater encore, rater mieux » aurait dit Beckett, l’artiste se fait proche des premiers travaux de Philippe Quesne dans son burlesque minimaliste (on pense beaucoup à L’Effet de Serge, par exemple), la poésie un peu mélancolique en moins. À la place, Erwan Ha Kyoon Larcher développe un travail sur le corps qui passe par des petits pas de danse, des postures acrobatiques (équilibre sur les mains, gainage) ou des proto-cascades. Sa capacité à se mouvoir et à se lancer des mini-défis l’amène ainsi à matérialiser littéralement les expressions « scier la branche sur laquelle on est assise » ou « marcher sur des œufs ».
Entre deux instants dans ce registre, le jeune homme nous gratifie de quelques chansons toutes aussi lo-fi, avec petit synthé et boîte à rythmes sous des paroles minuscules, dans un ensemble très « nouvelle chanson française de la seconde moitié des années 2010 ». Ayant fort peu de goût pour tous ces groupes et musiciens, on préféra évidemment se concentrer sur la partie performative, matrice d’une heure plutôt rafraichissante.
le 20/03/2019