du 08/02/2019 au 07/04/2019
Musée Dobrée,
Nantes
Avant qu’il ne ferme ses travaux pour deux ans, pour rénovation complète et extension, le Musée Dobrée (lieu accueillant des collections privées d’objets divers, du Moyen-âge au XVIIIe siècle) reçoit une exposition de Georges Rousse, plasticien agissant entre photographie, architecture et installation. De fait, composant des anamorphoses, le Français les réalise en investissant les murs des bâtiments et les prend aussi en photo.
En voyant les créations de Georges Rousse, impossible de ne pas penser à un autre amateur d’anamorphoses, à un autre artiste travaillant sur des aplats colorés, à un autre créateur in situ, d’autant plus que Felice Varini (puisqu’il s’agit évidemment de lui) avait exposé à Nantes il y a quelques années. Mais là où l’Italien réalise des formes géométriques, avec souvent une seule couleur par œuvre, le Français diversifie son propos et propose des compositions jouant davantage sur la 3D que sur le pur effet de perspective. Celui-ci est naturellement toujours présent, et les visiteurs se contorsionnent, ici aussi, pour trouver l’exact point duquel les formes pourront être pleinement observées.
Mais, fréquemment, la profondeur est également recherchée par l’adjonction de panneaux de bois sur les côtés ou par un jeu sur l’enfilade des salles et le point de fuite placé au centre de la proposition artistique (Dodécagone). Trois installations sont, en vérité, présentées dans les salles vides du Musée Dobrée, le reste de l’exposition étant constitué de photographies de créations précédentes ou de dessins préparatoires. Sur ces trois installations, une ne laisse malheureusement pas suffisamment de recul au spectateur, contraint par l’espace de la salle à n’être qu’à deux mètres du début de l’œuvre. En revanche, quand la profondeur est prise et qu’un jeu sur les moulures est concocté par l’artiste, une plus grande pertinence apparaît.
Cette volonté un peu ludique trouve, au reste, un autre écho dans les motifs repris par l’artiste qui, au-delà de formes géométriques (carré, disque, triangle), évide les aplats extérieurs de ses compositions, les perçant de rectangles blancs, assimilables à l’empreinte qu’auraient laissé sur les murs les tableaux décrochés des collections du Musée. L’accrochage dans ses murs prend alors une dimension autre, un rien nostalgique et mémorielle, soulignant la polysémie des ouvrages de Georges Rousse.
le 26/03/2019