(Midira Records / Import)
15/03/2019
Rock

Scrutant toujours avec attention les artistes de la scène italienne (post-rock, électronique et électro-acoustique), nous n’avions toutefois pas encore eu l’occasion de recenser ici des sorties de The Star Pillow, projet d’un musicien toscan qui a pourtant publié une dizaine d’albums depuis 2012, dont un avec Giulio Aldinucci. Au reste, il était temps que ces pages rendent compte de ce travail puisqu’on nous annonce qu’il s’agit du dernier disque de l’Italien sous ce nom, plongée d’une petite quarantaine de minutes dans une belle noirceur, marquée par une guitare électrique naviguant entre ambient et accroches plus rageuses.
Avec son intitulé assez ironique, l’album invite, de fait, par endroits, à remuer la tête au gré des accords plaqués, soit lourdement dans un registre quasi-stoner (Bruno Martino Is My Tom Araya), soit de manière plus acoustique et tout aussi régulière, en prélude à des déluges d’électricité (Moving Grey ou Sad Headbanger). Alternant avec des moments nettement moins saturés, Paolo Monti sait ainsi maintenir l’intérêt de l’auditeur en l’emportant sur des tapis plus lumineux et accueillants, tout juste mordorés (Departures) ou bien en combinant couches de six-cordes (accords pincés, arpèges) et Glockenspiel (le délicat Circle Of Events).
La confrontation entre la clarté presque mélancolique des parties mélodiques et l’allure nerveuse et malaisante des distorsions grésillantes génère des frottements tout à fait prenants, capables de faire assurément naître de belles émotions contrastées. Avec cette belle découverte, on éprouvera toutefois deux regrets : qu’il s’agisse donc du dernier disque de The Star Pillow et que l’intéressé ne se soit jamais produit en concert à proximité.
le 23/04/2019