20/06/2019
Dynamo,
Pantin
En bonne logique, c’est la veille de la Fête de la musique qu’on se rendit à un concert, préférant éviter les grosses manifestations et phénomènes de masse, dans un contexte où les propositions franciliennes moins rassembleuses du 21-juin se font beaucoup plus rares qu’il y a quelques années. Ce fut donc au sein d’un public d’une cinquantaine de personnes qu’on prit place sur les sièges de la Dynamo pour assister tout d’abord à une restitution de travail des élèves du Conservatoire de Pantin.
Cornaqués par Julien Desprez, assis sur les marches face à eux, huit étudiants étaient donc assis sur des chaises : deux violoncellistes, un accordéoniste, un guitariste, trois face à leurs ordinateurs et un assis devant un contrôleur d’effets. Baptisé Mixités, leur travail releva autant de la préparation que de l’improvisation, constitué d’une pièce unique elle-même faite d’alternance de soli et de jeu collectif. Les passages minimalistes succédaient aux moments plus frénétiques et expérimentaux, les instruments exploraient des modes de jeux différents (slapping du violoncelle, e-bow pour la guitare électrique) et un ordinateur était même utilisé comme un thérémin. La montée en puissance finale, assez attendue, vint alors clôturer la grosse demi-heure d’un projet tout à fait louable.
Autre proposition de fin d’année, Mad Maple arrive au bout de la résidence donnée par la Dynamo à l’altiste Séverine Morfin. Accompagnée par Élodie Pasquier à la clarinette et Alice Penitot aux machines, la musicienne livra un travail soyeux et ample, jouant surtout sur le dialogue entre les instruments à vent (clarinette et clarinette basse) et celui à cordes. En parallèle, Alice Penitot se chargeait de mettre en place quelques nappes d’arrière-plan ou des petits samples, tels ces entrechoquements de bruits de glace du Groenland sur Collapse. Elle n’était d’ailleurs pas la seule à opérer de manière électronique car la clarinettiste passa, sur deux titres, au monotron.
Alors que les deux premiers morceaux nous parurent un peu trop courts, le trio trouva son rythme et sa durée par la suite, avec notamment de belles correspondances entre les sortes de petits grognements produits par le laptop d’Alice Penitot et le jeu détimbrée à la clarinette basse d’Élodie Pasquier. De son côté, Séverine Morfin jouait de son alto à l’archet et en pizzicati, pour un résultat d’ensemble vraiment intéressant.
le 25/06/2019