Hillel Kogan
21/06/2019 et 22/06/2019
Théâtre Public de Montreuil,
Montreuil
Pour clôturer les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, le créateur israélien Hillel Kogan avait été convié. Connu pour son précédent spectacle (We Love Arabs dans lequel il se confrontait aux danseurs israélos-arabes), le chorégraphe poursuit ici son travail en duo, aux côtés d’une jeune interprète qui, passée une introduction dans laquelle les deux intervenants sont déjà sur le plateau quand le public pénètre dans la salle, s’habille de blanc uniquement. En contraste, Hillel Kogan se vêtit de noir pour, naturellement, faire écho aux Lacs des Cygnes et c’est d’ailleurs une première séquence de ballet assez classique qui ouvre véritablement le spectacle.
Avec une partition musicale tchaïkovskienne et des mouvements empruntés au répertoire traditionnel (grand écart, jambe tendue vers le plafond…), ce dialogue trouve toutefois quelques moments de rupture avec des postures quasi-burlesques des danseurs (inversion des portés, tête posée sur les mains écartées, etc…) qui apportent d’heureux contrepoints. Jouant donc le rôle du « maquereau », le chorégraphe hésite entre manipulation et fascination pour son interprète cycnoïde ; la première inclinaison se trouve traduite par ses bras entourant la jeune femme tandis que la seconde se manifeste par un rap, interprété en direct, dans lequel il la décrit comme une déesse, séduisant tout autour d’elle.
Ce passage amorce, musicalement et chorégraphiquement, un virage vers quelque chose de plus contemporain, marqué par une musique techno répétitive et sourde avec de lourdes basses tandis que les danseurs opèrent en mouvements itératifs et saccadés, proches de la transe. Probablement trop étendue, cette séquence trouve vite sa limite, le propos n’évoluant que trop peu (sauf à chercher l’épuisement des interprètes) alors que, visuellement, une rampe d’ampoules passe du bleu au rouge ou au vert. Après qu’un nouveau moment rappé ne voit Kogan conter sa douleur de mâle c’est naturellement lui qui, pour terminer se trouve infantilisé, réduit et affaibli, en couche-culotte pendant que Carmel Ben Asher n’est vêtue que d’une nuisette, à nouveau blanche. Comme on pouvait s’y attendre, le cygne a donc triomphé de son souteneur.
le 26/06/2019