(False Industries / Import)
03/05/2019
Electronique

Une petite année après As Above So Below, on retrouve déjà Yair Etziony et son ambient sombre, opaque et dense. Revenu sur son propre label False Industries, le musicien basé à Berlin depuis l’an passé propose, de fait, une nouvelle fois, cinq morceaux marqués par une noirceur certaine, une arythmie majoritaire et des superpositions à la profondeur insondable. Probablement encore plus que sur quelques-uns de ses travaux précédents, le caractère oppressant, voire anxiogène, de ses compositions se fait ici jour. Se manifestant par quelques coups sourds, introduisant de nouvelles couches de synthé, cet aspect se trouve également relayé par quelques rares pulsations caverneuses.
Comme souvent avec ce type de proposition, il en résulte une dimension quasi-vertigineuse, née de la conjonction des strates sonores, des souffles et de l’ampleur donnée à certaines composantes. De même, l’Israélien fait le choix de morceaux longs (plus de onze minutes en moyenne), pour permettre à son expression de s’épanouir dans la durée et d’infuser chez l’auditeur. Dans un contexte aussi balisé, on reconnaîtra assurément à Yair Etziony une capacité à présenter cinq morceaux suffisamment différents les uns des autres, offrant ici des simili-vocalises hululantes (Station 61), là des caractéristiques plus futuristes (le morceau-titre) ou, là encore, des battements sépulcraux (Katajonkka, qu’on pourrait rapprocher du son d’un électrocardiographe, surtout quand on apprend que le musicien a passé une semaine à l’hôpital pendant le temps où il écrivait ce nouveau long-format).
Une nouvelle fois, avec Ingress, on pourra donc constater que Yair Etziony maîtrise impeccablement le registre dans lequel il opère, même si on ne conseillera pas nécessairement ce disque à ceux qui sont lassés par l’ambient sombre et étalée sur la longueur.
le 03/07/2019