(Kranky / Differ-ant)
10/05/2019
Electronique

Ambient / Kranky / Tim Hecker
Huit mois après Konoyo, ce sont des mêmes sessions d’enregistrement que provient Anoyo, nouvel album de Tim Hecker, à nouveau conçu avec le même quatuor de musique traditionnelle japonaise, donc. Essayant de mettre de côté notre réception mitigée du concert donné par le Canadien lors de Villette Sonique, avec certains de ses comparses nippons, nous pouvons constater que ce long-format-ci se fait plus épuré et plus gracieux que son prédécesseur. En effet, les nappes d’arrière-plan s’y font moins présentes et moins enveloppantes, si bien qu’on distingue très précisément ryūteki (sorte de flûte traversière) et hichiriki (forme de hautbois court) sur l’introductif That World ou bien l’uchimono, cette percussion assez sourde sur Is But A Simulated Blur et Not Alone.
Avec leur aspect assez aigu, les instruments à vent japonais permettent d’entraîner certaines compositions vers des rivages un peu psyché, propres à susciter une forme de méditation transcendantale, positionnement auquel répond alors l’électronique de Tim Hecker et son jeu de synthé (Into The Void). Cette électronique prend, en fin de disque, le dessus sur les instruments japonais pour un You Never Were plus expérimental, dans lequel affleurent tout juste quelques interventions d’un des instruments à vent.
Au total, l’écoute d’Anoyo nous réconcilie donc avec Tim Hecker et, en même temps, nous fait vraiment regretter qu’il ait choisi d’opérer dans un registre de pure ambient, très dense et homogène lors de son récent concert.
le 11/07/2019