du 28/06/2019 au 25/08/2019
Musée d’Arts,
Nantes
Anne-Charlotte Finel / Charbel-joseph H. Boutros / Dominique Ghesquière / Évariste Richer / Marcelline Delbecq / Musée d’Arts / Patrick Neu
Parmi les thématiques récurrentes des expositions d’art contemporain, la relation à la nature figure assurément en (très) bonne place. Nouvelle déclinaison et nouvel exemple, donc, avec la proposition présentée dans le patio du Musée d’Arts de Nantes cet été. Avec ses sept plasticiens chargés d’occuper le bel espace central du Musée, l’exposition nous permet de retrouver certains créateurs déjà connus mais de faire aussi quelques nouvelles rencontres.
Si des têtes sont nouvelles, les démarches, elles, rejoignent ce que d’autres ont pu développer précédemment. C’est ainsi que, classiquement, les artistes se trouvent face à l’alternative suivante : tenter de retranscrire plastiquement le réel extérieur ou bien documenter ce qui reste de la nature après le passage de l’homme. Pour essayer de se départir du tout-venant, on relèvera néanmoins que les créateurs qui choisissent la première option témoignent d’une belle poésie dans leur travail. De fait, la capture de ce qui est volatil ou immatériel passe par une forme de légèreté du propos chez Charbel-Joseph H. Boutros (sculpture en marbre de Carrare abritant en son sein un « morceau » de nuit du Liban, feuilles de calendrier détachées et exposées au soleil de différentes villes du monde, le jour dit, pour constater l’impact différent de l’astre en fonction du lieu et du jour), Évariste Richer (symboles universels représentant des types de nuage réalisés en néon) ou Abraham Poincheval (escapade à bord d’un cylindre métallique servant de proto-caravane pendant toute une année, afin de saisir l’évolution des paysages alpestres au fil des saisons).
Pour d’autres plasticiens, la légèreté fait place à une douce mélancolie quand il s’agit de s’arrêter sur ce que la nature a réussi à préserver ou refaçonner une fois l’être humain reparti : photographies d’objets polis par la mer et le sable (série Sableur) et vidéo d’une terre ravagée une fois l’eau d’un barrage retirée (Barrage, dont le gros grain résonne judicieusement avec cette désolation) chez Anne-Charlotte Finel, sol de 200 m² de terre cuite fracturée évoquant le fond du lac artificiel de Vassivière chez Dominique Ghesquière (proche du travail déjà vu de l’intéressée au Palais de Tokyo en 2014, certes avec une occupation de l’espace adaptée au lieu). De toute évidence, c’est lorsque les artistes se placent dans ce rapport très direct au réel et à la nature qu’ils se font les plus convaincants. En creux, les aquarelles zoomorphes de Patrick Neu et les vidéos de Marcelline Delbecq relatives à un roadtrip étatsunien (dans la continuité du travail montré à la Fondation d’Entreprise Ricard en 2015) peinent à marquer, départies de la délicatesse dont les cinq autres intervenants peuvent faire montre.
le 18/07/2019