(RVNG Intl. / Import)
24/05/2019
Electronique

Publiés respectivement fin 2017 et fin 2018 en cassette et en format digital, de manière autoproduite, deux albums d’Emily A. Sprague connaissent, grâce à RVNg Intl. une déclinaison plus large, avec cette sortie regroupée sur des formats CD ou vinyle. Avec cette première parution sur un véritable label, il nous est donc possible de faire connaissance avec cette États-unienne qui se fait autant musicienne que poétesse.
Au reste, il n’est pas rare, sur ces treize morceaux, de l’entendre réciter quelques-uns de ses écrits, mécanisme qui s’accorde parfaitement avec son ambient aquatique et un peu tremblotante, parfaitement à même d’accueillir des recueils de textes. Cette ambient se fait très souvent discrète et peu ouvragée, travaillant par infusion progressive chez l’auditeur, entre nappes ondoyantes, accords de synthé pénétrants et réitération des mêmes petites séquences mélodiques. Toutefois, à certains moments, une légère saturation vient garnir ces éléments (Water Memory 2) tandis que, plus loin, c’est un piano hésitant qui prendra le relai (Piano 1 et Piano 2 (Mount Vision)).
Extrêmement homogène, ce double album / compilation marque donc par son onirisme certain (outre l’aspect aquatique, convoqué dès l’intitulé du premier volet, des bruissements de feuilles, des souffles venteux et des pépiements d’oiseaux se donnent à entendre) et sa belle délicatesse. Jamais surchargés, les morceaux d’Emily A. Sprague emmènent l’auditeur dans un beau et profond voyage, parfois situé aux confins du psychédélisme (Synth 3) mais conservant toujours cette part poétique résultant de la double casquette de la compositrice.
le 25/07/2019