du 06/07/2019 au 15/09/2019
HAB Galerie,
Nantes
L’exposition de Céleste Boursier-Mougenot l’an passé l’avait laissé pressentir : la HAB Galerie ne se tient plus forcément à son schéma traditionnel pour son exposition d’été puisqu’à nouveau, la monographie qui y est montrée se trouve consacrée à une artiste dont aucune des œuvres n’est incluse dans le Voyage à Nantes. Toutefois, Claire Tabouret n’offre pas une proposition hors-sol car la jeune femme, résidente à Los Angeles, est partie du principe qu’il lui faudrait utiliser un bateau pour rallier Nantes. Cela l’a conduit à utiliser des voiles usagées comme supports pour de grandes peintures, tombant du plafond de la HAB Galerie.
Reprenant les mêmes motifs (couples ou duos, marchant dans l’eau, enlacés, à califourchon l’un sur l’autre ou se tenant la main) que des toiles aux dimensions plus classiques, ces très grands formats permettent à ses sujets de se retrouver quasiment à échelle 1 et de créer un vrai rapport de proximité avec le spectateur. Ce lien est d’autant plus renforcé que les visages et expressions des personnages ne sont que peu dessinés, Claire Tabouret optant plutôt pour un trait concentré sur les contours, avec formes un peu anguleuses et absence de signes distinctifs quant à l’âge ou à la carnation. Reliées entre elles par des coutures, les voiles constituent donc des supports tenus en haut, mais peu lestés en bas, si bien qu’ils peuvent se déplacer au gré des mouvements d’air (passage des visiteurs, souffle d’un ventilateur), conférant une sorte de vitalité interne à des personnages en 2D.
Tandis que les gammes de couleur de ces voiles (ocres, jaunes, bruns) se trouvent renforcées par une graisse apposée autour des sujets (comme un fixateur), les tonalités des peintures sur châssis, accrochées en périphérie, vont chercher des rouges, des violets ou des bleus. Les motifs et les médiums se diversifient aussi puisqu’on y trouve une maison flottante (Flooded House (Pale)) ou des sculptures de lutteurs, eux aussi aux traits très peu dessinés. Avec ces deux échelles, le travail de Claire Tabouret trouve donc deux terrains d’expression aussi convaincants l’un que l’autre et s’accompagne, au surplus, d’une belle recherche sur le support.
le 07/09/2019