(Lost Tribe Sound / Import)
23/08/2019
Electronique

Ayant trouvé accueil chez Lost Tribe Sound (qui sort en vinyle le présent album, ainsi que le précédent qui n’était jusqu’alors disponible qu’en téléchargement), Skyphone poursuit son travail consistant à mettre en boucle des phrases de guitare (acoustique ou électrique) et de les croiser avec des triturations et autres éléments électroniques. Sur trois-quarts des neuf morceaux de Marsh Drones, une petite mélodie, jouée en finger-picking, imprègne ainsi l’oreille de l’auditeur pendant que les rythmiques et traitements électroniques se chargent d’agrémenter l’espace sonore.
Ces apports synthétiques permettent aux titres considérés d’évoluer, d’éviter tout caractère statique, de gagner en dynamique et en mouvement, faisant même voyager l’imaginaire de l’auditeur qui pourra apprendre, à ce titre, que Marsh Drones a été composé à partir d’un séjour dans le nord-ouest du Danemark. Entre délicatesse du propos et précision des arrangements, Thomas Holst, Keld Dam Schmidt et Mads Bødker. Ayant parfois recours à un chant filtré (Marksonder) ou à des pulsations et une ambiance proche du dub (Murmalvejr), les Danois ne s’y révèlent pas à leur meilleur, versant dans une forme émolliente que ne rehausse pas le synthé smooth-jazz qu’on trouve sur le second titre nommé.
En revanche, le dialogue entre les accords de guitare de Rungholt et les lignes mélodiques quasi-improvisées d’une autre guitare et d’un vibraphone nous plonge dans une atmosphère entre jazz et funk alangui, mélange pas aussi baroque que cela. Autre moment qui sort du schéma traditionnel décrit au début de cette recension, Les Clouds, dernier morceau du disque, séduit par ses déliés de guitare électrique rêveuse, ses micro-rythmiques grésillantes et ses bribes vocales. C’est typiquement avec ce genre de proposition qu’on se dit que, s’il flirte parfois avec le décoratif, Skyphone reste assurément un bon groupe.
le 26/09/2019