(Le Cri De La Harpe / Autodistribution)
20/08/2019
Electronique

Réactivé en cet été 2019, Le Cri de la Harpe accueille logiquement le premier album de Drone À Clochettes, projet au sein duquel œuvre Thomas Robyn, gérant du label parisien. Habitué de ces pages pour être régulièrement recensé dans notre rubrique « concerts », le duo livre donc un long-format attendu de longue date, disponible en LP et téléchargement. Sans surprise par rapport à ce que les Français peuvent nous proposer sur scène, il s’agit de croiser nappes de guitare, vocalises, notes tenues au mélodica et apports électroniques.
Mais, pour débuter et faire honneur à leur nom, des clochettes sont naturellement agitées, avant d’être rejointes par les autres éléments. Alors qu’on aurait pu continuer dans ce registre, sur les deux faces et quatre morceaux du disque, l’atmosphère se tend sur Soleil, dans lequel Elisa Krywonis chante pendant que Thomas Robyn lacère l’espace d’accords de guitare tendus et saturés. Morceau habituel de leurs concerts, ce titre prend ici davantage d’ampleur, étalé sur plus de dix minutes, peut-être un peu trop longues, la distorsion ne faiblissant pas et les paroles se faisant difficilement intelligibles.
Superposant les couches musicales (de guitare ou de mélodica), les Parisiens sont également capables de faire varier les instrumentations d’un morceau à l’autre, intégrant ainsi, sur Lune, des petites boucles électroniques qui soulignent la dimension un peu psyché et itérative de leur musique, tandis que Couloir ne se joue quasiment que sur une note tenue en arrière-plan, recouverte, au mitan du morceau, d’une épaisseur de saturation granuleuse. C’est donc à la fois avec peu d’effets, mais suffisamment de diversité, que se déroule l’album de Drone À Clochettes, évidemment refermé par le retour de ces dernières, comme pour nous faire revenir à la réalité en fin de disque.
le 25/09/2019